Question : Où en est l’appel d’offres pour le choix du prestataire de restauration collective (aujourd’hui la société Scolarest) ?

Quelle est votre politique en matière de restauration collective : menu végétarien hebdomadaire (cf. Loi EGalim), repas sans porc, part des approvisionnements bio… ?

Réponse du maire :

« La commission d’achat a lieu le 25 juin et le conseil municipal qui sera consacré à ce sujet sera le 7 juillet. »

Plaisance Citoyenne : Ça ne passe pas en commission d’appel d’offres ?

« D’achat. Vu les montants, il n’y a pas d’appel d’offre. C’est de l’achat de prestation. On est dans une procédure simplifiée, avec appel à concurrence qui est en train d’être analysé. L’appel d’offres est obligatoire à partir d’un certain montant. On a décidé de créer une commission d’achat pour tous les montants inférieurs à celui de la commission d’appel d’offres. »

A combien ?

« On va le mettre dans le règlement de la commission Achats qu’on va requalifier bientôt car il y a justement des montants… C’est vraiment en fonction des montants, donc il n’y a pas de problème. »

Non annoncé en conseil municipal, le montant des prestations pour la durée totale du marché est estimé à 700 000 € HT par an, soit 2,8 millions d’euros HT sur une période de 4 ans.

Quand vous parlez d’achats, vous parlez de toute la prestation ?

« Oui. Mais ça ne concerne pas les agents municipaux qui travaillent à la cuisine centrale. C’est une mise en concurrence, discutée dans le cadre de la concertation « Manger mieux, Gaspiller moins, Valoriser plus ». Mais on ne peut pas parler des achats avant la tenue de la commission Achats. »

Donc on ne peut pas poser de question sur les menus végétariens, sans porc et bio ?

« Si car ça a été discuté dans le cadre de la concertation « Manger mieux, Gaspiller moins, Valoriser plus ». Donc on a un certain nombre de choses. On avait prévu plusieurs variantes. On avait déjà, dans l’ancien marché, des caractéristiques non obligatoires à l’époque, comme du pain bio deux fois par mois. Des légumes et féculents deux fois par mois, des fruits deux fois par mois et de la viande deux fois par mois, par rapport à une filière locale.

Là on est sur la variante 2 et l’on aura 20 % en valeur de produits achetés en circuits courts avec un intermédiaire au plus.

On a aussi demandé un accompagnement à la lutte contre le gaspillage.

Concernant ce que l’on appelle le « sans porc », c’est actuellement un menu proposé sans porc. Il y a un menu classique avec deux possibilités de grammage, adulte-enfant, deux menus de substitution, un sans porc et un sans viande. Et un menu d’éviction pour les enfants allergiques. Cette multiplicité des propositions semblait répondre à l’ensemble des usagers. Mais il y a une inégalité de traitement : actuellement l’inscription ponctuelle pour des enfants sans porc se fait 48h avant, car il n’y a pas assez de menus sans porc pour pouvoir les préparer à l’avance. Alors que pour les autres menus classiques, cela se fait le matin pour le midi.

Ensuite, au niveau des selfs, on avait des difficultés pour pouvoir conserver tous ces types de repas, en l’occurrence pour les garder au chaud. Et enfin, là on n’est plus dans la laïcité, cette stigmatisation des enfants qui mangeaient du sans porc, par rapport aux autres enfants.

Et donc, on propose aux familles de remplacer un menu sans porc, par un menu sans viande. On change les termes, on parle de menu carné et non carné, ce qui permettra d’avoir une inscription à la restauration le jour-même pour tous. Le menu non carné ne sera plus un menu de substitution, mais un véritable choix. Les deux menus seront affichés dans les écoles.

Je sais qu’il y a des gens qui nous ont envoyé des mails, qui l’ont découvert. En réalité, ça a bien été discuté, annoncé au moment de la concertation, mais à ce moment-là, il y avait zéro remarque. Il y avait toute la communauté éducative, plus les parents d’élèves. Personne n’a fait aucune remarque. »

Les associations de parents d’élèves n’informent que leurs adhérents et non toutes les familles de la ville. Il est normal qu’aujourd’hui des familles découvrent cette décision et réagissent.

Informations prises, suite au conseil municipal, les associations de parents d’élèves n’ont pas été invitées à la concertation, uniquement les parents individuellement.

« On est entièrement d’accord. Ceux qui n’ont pas participé à la concertation ou qui n’ont pas eu l’occasion d’avoir quelqu’un qui leur en parle… Au niveau de la laïcité, on peut considérer que ce principe est respecté. »

Vous considérez que c’est aux parents d’élèves d’informer la population et pas à la mairie ? On ne peut pas reprocher aux gens de ne pas être informés.

« Je ne reproche rien du tout. Je dis simplement que l’information est faite actuellement. On a eu deux messages par rapport à cette surprise-là. C’est peu par rapport au nombre des enfants qui mangent dans les écoles. Il y a plus de mécontents sur d’autres sujets. »

Par rapport au bio, vous parlez bien d’un pain tous les 15 jours, normalement c’est 20 % des repas ?

« C’est ce que j’ai dit. C’est un pain deux fois par mois. »

Deux fois par mois, ça fait tous les 15 jours…

« Oui mais ça c’était l’ancien. On remplace « on fait du bio ou du local x fois par mois, ou n repas végétariens x fois, par une demande d’achat d’un minimum de 20 % qui est plus importante que ce qu’il avait avant. L’idée, c’est de petit à petit augmenter ce pourcentage, si on peut, de façon à faire manger les enfants. »

Dans la loi EGalim, il y a quand même une différence entre le local et le bio.

« On est au-delà de l’EGalim. Mais on ne va peut-être pas pinailler, je ne suis pas persuadé que quelqu’un soit capable de sortir un document EGalim. »


Notes de Plaisance Citoyenne :

  • Le site du gouvernement indique que « la loi agriculture et alimentation (EGalim), dont l’un des objectifs est de favoriser une alimentation saine, sûre et durable pour tous, prévoit de nombreuses dispositions pour la restauration collective. La plus emblématique étant celle d’introduire 50% de produits durables ou sous signes d’origine et de qualité, dont 20% de produits bio, dans la restauration collective publique à partir du 1er janvier 2022.

Or le marché étant passé pour 4 ans, le cahier des charges devrait donc prendre en compte cette nouvelle exigence.

  • L’Observatoire de la Laïcité, également sur le site du gouvernement, indique qu’ « une offre de choix existante ne peut être supprimée en se fondant sur les principes de laïcité et de neutralité ».
  • Par ailleurs, à Plaisance Citoyenne, nous défendons plutôt le principe d’équité que celui d’égalité

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